le 11 et 12 juillet,
Ensci Sexy
au 48 rue saint-sabin
«Si l’ ENSCI a l’ambition d’avoir une démarche prospective, elle n’a ni les moyens ni les résultats de sa potentialité permettant une réflexion et une expérimentation de haut niveau. Nous avons atteint un plateau - on sait former les créateurs avec des idées qui permettent de faire des projets - mais ces idées ne sont pas toujours de véritables concepts qui se traduiraient en innovations pertinentes par rapport à la réalité industrielle et sociale. Or si nous n'avançons pas nous reculons forcément.»
- Extrait de la lettre de démission de Pippo Lionni, alors directeur de la phase diplôme de l’école, en date du 8 février 1999.
Quinze ans se sont écoulés et les mots sont toujours aussi vrais. L’ENSCI - Les Ateliers a la chance d’avoir beaucoup de cartes en main, mais elle les utilise mal. De nombreuses décisions prises ces dernières années ébranlent notre capacité à rester une école de création forte de grandes ambitions. Nous faisons face à une absence de vision pour notre école et notre pratique. Une inertie administrative freine le noyau créatif qui nous caractérisait. Le manque d’intuition global et la mise à l’écart d’enseignements de haut niveau mènent progressivement et fatalement au :
Il est essentiel de remettre la création, son énergie, ses prises de risque au cœur de l’école. La culture, qu’elle soit générale, artistique ou plastique, doit retrouver sa place, fondamentale !
Les designers et directeurs d’ateliers doivent reprendre un rôle moteur, être replacés au centre des décisions pour donner l’impulsion nécessaire. L’administratif se doit de prendre le relai et de porter cette utopie commune sur laquelle s’est créée l’ENSCI -LES ATELIERS en 1982. Futurs créateurs industriels, nous nous devons de développer notre esprit critique, pratique, théorique mais surtout notre audace.
Rétrochronologie des évênements
26 juin
2014
Vidéo
- Performance
8:05 min
20 juin
2014
Façade 3
10 juin
2014
Façade 2
10 juin
2014
Lettre
des élèves

LETTRE 2

Le 11 mai 2014, 220 élèves signent une lettre adressée au corps dirigeant, dénonçant et questionnant la situation actuelle mais réaffirmant aussi les principes vitaux de l'école.

Le 20 mai, face au ''mou'' d'une grande partie de l'administration et pour faire acte de nos réflexions, nous leur remettons le livret jaune. Ce dernier réunit des questions faussement naïves, des affirmations, des pièces jointes ainsi que des propositions.

Avant toute chose nous tenons à rappeler que nous ne nous adressons pas à une seule personne, mais à une équipe dirigeante installée depuis plusieurs années, bien avant votre arrivée M. Kahanne.

Nous avons tous un rôle à jouer dans cette école, dans son projet comme dans son quotidien. Au vu de la situation actuelle, aucun d'entre nous ne peut être passif, dans l'attente de la mise en marche d'une autre partie prenante. Chacun se doit d'être passionné, impliqué, moteur et dynamique. Faute d'avoir une vision, l'école se doit d'avoir une motivation.

Il est pour nous essentiel de remettre les designers au centre des décisions de l'école. Leur rôle est primordial. Un designer se doit d'être force de proposition, de fédérer des personnes et des savoir-faire autour d'un projet. Il donne l'impulsion nécessaire.

L'implication des divers responsables dans le projet de l'école s'est fortement altérée. Peu à peu - n'ayant pas nécessairement la plus grande considération pour le métier de designer - elle s'en est désolidarisée. Le manque de cohésion du corps

administratif mène de plus en plus à des situations absurdes et handicapantes pour le bon fonctionnement de l'école. Tout finit par se maintenir selon des travers institutionnels. Il nous faut renverser cette situation où l'administratif a pris le pas sur la création et le projet. A l'heure actuelle, chacun se concentre sur sa seule tâche sans la faire fructifier avec le travail de l'autre. Nous devons rétablir une vraie synergie. Celle-ci se doit d'être orchestrée en grande partie par les designers.

Nous, élèves, futurs designers, avons plus qu'amorcé cette dynamique. Nous avons été force de compréhension, de réflexion et de proposition et attendons la même chose de votre part. Il en est de votre devoir.

L'administratif doit être au service de cette utopie commune pour laquelle s'est créée l'ENSCI- Les Ateliers en 1982. Un projet en constante évolution mais par lequel chacun de vous, et de nous, doit se sentir concerné. Cela ne pourra se faire qu'en redonnant la possibilité à la création et aux designers d'adopter un rôle moteur au sein de l'école.

les étudiants mobilisés

le 10 juin 2014, A l'ENSCI - les ateliers

10 Mai
2014
Lettre
des élèves

LETTRE 1

Puisque vous êtes le représentant de l'école, nous nous adressons à vous, M. Kahane. Dans les discours que vous avez prononcés auparavant, nous n'avons pu cerner clairement le projet pédagogique de l'école et les choix qui s'y rapportent. Deux interprétations s'offrent alors à nous : soit le projet pédagogique est inexistant, soit il nous est caché derrière une réthorique fluctuante.

N'ayant pas les clés pour comprendre votre projet, n'ayant pas accès aux programmes fixés par les instances ministérielles, nous avons dû analyser les comptes-rendus écrits des derniers Conseils d'Administration. Les orientations y sont présentées selon cinq axes : “ formation au design “ , “ procédés, formes et éthique “ , “ fabrication digitale et robotique collaborative “ , “ interfaces et complexité “ , “ design, organisation et société “. Le projet stratégique est ensuite résumé selon deux grandes directions : “ la mise en forme de la matière et des objets par le numérique “ et “ la mise en forme du numérique par la matière, les objets et les espaces “. Ce projet implique alors une “ reconfiguration des ateliers “. Nous essayons de voir clair derrière ces jeux de mots, et comprenons alors que l'école se positionne selon des procédés flous, de manière peu convaincante, de moins en moins sur la pédagogie, de plus en plus sur des modes simplifiés de l'administration ou de l'entreprise.

Des outils ou des moyens n'ont jamais pu être la finalité des projets, de la pédagogie ou même de l'école. D'autre part, des champs industriels naissants ne peuvent constituer le coeur de l'enseignement. Le modèle pédagogique, grâce au cursus individualisé, a toujours engagé les étudiants à construire leur

démarche de créateur à travers une éducation plurielle, pour leur permettre de se positionner. Le projet de l'école ne peut pas être une réponse simpliste à des problématiques gouvernementales et imposer une approche univoque à ses élèves. Il convient dès lors de rappeler que l'ENSCI est bel et bien une école, qui a pour but de former des étudiants ; non pas de les formater. Si les choix de projets se basent sur les axes cités précédemment, fortement tournés vers les économies numériques, ou comme annoncé tout dernièrement, sur une dichotomie “ tradition du design “ et “ champs d'exploration “, l'école adopte, de fait, une attitude peu pertinente face aux enjeux du design. Si elle continue à s'enfermer dans des réponses directes à des orientations politiques, elle ne peut adopter une attitude critique par rapport à la société et donc être force de proposition.

La méthodologie de l’atelier de Design Fiction encadré par Christophe Gaubert et Guillaume Foissac, contribue à engager les étudiants dans une approche prospective grâce à des outils d'analyse. Celle de l’atelier Matériaux - Immatériaux de François Azambourg et Clémentine Chambon est capable de résoudre le lien entre une approche sensible de la matière et une compréhension des nouveaux enjeux scientifiques. Ces deux ateliers apportent des clés nécessaires au développement de la formation des élèves, de la pédagogie de l'école et son engagement dans des champs économiques actuels. Le choix de leur suppression nous apparaît comme le symptôme d'un projet pédagogique peu solide, le reflet d'un manque global de compréhension des enjeux des métiers du design.

Nous savons qu'une des vos missions principales à l'ENSCI est de développer la recherche. Des postes ont été créés, des personnes accueillies de manière permanente. La décision de supprimer des ateliers de projet, qui symbolisent pourtant la

pédagogie et le coeur de l'école, en invoquant des raisons budgétaires apparaît dès lors soit incohérente, soit inscrite dans un projet politique qui nous dépasse.

Tant que la position de l'école par rapport aux instances extérieures ou supérieures, les orientations pédagogiques et structurelles internes, le discours prononcé aussi bien aux étudiants, qu'aux enseignants ou aux membres du personnel, ne seront pas intelligibles, nous ne seront pas en mesure de pouvoir les accepter ou les refuser. Dans l'attente d'une clarification, nous considérons comme nul le projet global de la direction, qu'il soit question de sa vision ou des suppressions d'ateliers. Nous souhaitons engager un dialogue informé, clair et sain avec vous, M. Le Directeur mais aussi avec tous les autres décideurs : secrétaire général, directeur pédagogique, directeur des enseignements, directeur financier, directeur des partenariats. Nous construisons de notre côté des réponses possibles et claires au projet global de l’école. Nous aimerions le 20 mai pouvoir confronter nos points de vue aux vôtres afin de pouvoir éclaircir les zones d’ombre et se concentrer sur les prochaines actions à engager, enfin, trouver un terrain d’entente.

10 mai
2014
Facade 1
Cours de
l'école
Ce n'est pas la pemière fois :
Lettre de démission de Pippo Lionni, alors directeur de la phase diplôme de l’école, en date du 8 février 1999.

Extrait du livret Blanc, condensé des revendications des élèves pendant la grêve de 1988